Patrimoine

Visites guidées

La Maison du Patrimoine-Ostau dau Patrimòni organise des visites guidées sur demande.
Des audio-guides sont également mis à disposition.

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A découvrir et admirer

Situé à 20 km au Nord-Est de Nice et trônant au sommet d’une colline qui semble barrer la vallée du Paillon, le vieux village de Coaraze est souvent appelé le Village du Soleil, surnom justifié par un ensoleillement exceptionnel.

Situat a 20 quilomètres au Nòrd-Est e tronant au som d’una còla que sembla barrar la valada dau Palhon, lo vièlh vilatge de Coarasa es soventi-fes sonat lo vilatge dau soleu, sobrenom justificat per un solelhament excepcional.

Coaraze est classé parmi les plus beaux villages de France. Il est situé dans une vallée où la nature est restée généreuse, à quelques kilomètres de la mer et de la “civilisation”. C’est faire un voyage dans le temps que de flâner dans le labyrinthe de ses ruelles étroites, de ses passages couverts et voûtés, en apercevant de temps à autre de magnifiques panoramas vers la vallée du Paillon ou vers les sommets du Mercantour.

Coarasa es classat per mitan dei mai bèlhs vilatges de França… Es situat en una valada dont la natura es demorada generoa, a gaire de quilomètres de la mar e de la “civilizacion”. Pachonear en lo laberinto dei carreiròus estrechs, dei pontís, en descurbent de temps en autre de magnifics panoramas devèrs la valada dau Palhon ò li cimas dau Mercantor, es faire un viatge dins lo temps.

C’est un décor et une atmosphère propice pour écouter les légendes du pays : le diable piégé, obligé d’abandonner sa queue collé à la glue par les habitants du village ; la reine Jeanne mangeant ses enfants un soir de Noël, ou l’enfant du pays, esclave sur les galères Sarrasines, qui a miraculeusement échappé à son sort pour revenir au village.

Es un decòro e una atmòsfera propícia per escotar li legendas dau país : lo diau menchonat, costrech de laissar la sieu coa pegada dai vilatjòts ; la regina Joana que manjèt lu sieus enfants un sera de Calènas, ò lo pichon dau vilatge, esclau sus li galèras sarrasini, qu’escapèt au malefici per miracle per s’en tornar au vilatge.

Faire l’effort de monter jusqu’à la place du Château, sommet du village, c’est s’offrir la récompense de la vue sur le cirque des montagnes environnantes. Au passage, la découverte des cadrans solaires d’artistes contemporains et de l’église Saint-Jean-Baptiste du XIVe siècle, ornée à l’intérieur d’un foisonnant décor baroque typique de l’art qui a fleuri dans le comté de Nice au XVIIIe siècle, ponctue le chemin.

Faire l’esfòrç de puar fins a la plaça d’en Castèu, som dau vilatge, es si faire lo regal de la vista sobre la cònca dei montanhas environanti. Sus lo passatge, la descuberta dei meridianas d’artistas contemporans e de la glèia Sant Joan-Baptista dau sècolo XIV, ornada au dintre d’un decòro baròco luxuriós corrent de l’art qu’a espelit en lo comtat de Niça au sècolo XVIII, marcan lo camin.

Reste alors à explorer les alentours : redescendre par l’ancienne route conduisant à Nice pour revivre le martyr de Saint-Sébastien illustré au XVIe siècle sur les murs de la chapelle protégeant Coaraze de la venue de la peste, ou bien continuer vers le nord jusqu’à la chapelle Notre-Dame des Sept Douleurs plus communément appelée chapelle Bleue décorée par le peintre Ponce de Léon.

Demòran a visitar lu alentorns : calar per l’ancian camin que mena a Niça per tornarviure lo martiri de Sant-Sebastian illustrat au sècolo XVI sus lu barris de la capèla parant Coarasa de la pèst (mòria), ò alora persègre devèrs lo nòrd fins a la capèla Nòstra Dòna dei Set Dolors mai conoissuda sota lo nom de capèla Blu decorada dau pintre Ponce de Leon.

Pour les marcheurs, les possibilités sont multiples : des rives du Paillon au sommet du mont Férion, la commune compte près de 1100 mètres de dénivelé. Atteindre les ruines de Roccasparvièra (située dans la commune de Duranus) offre une randonnée de 4 à 5 heures dans des paysages magnifiques ; franchir la Baisse de la Croix permet de relier Coaraze au village voisin de Berre-les-Alpes ; monter au Férion amène au sommet de la commune (1412 m) d’où la vue panoramique embrasse tout à la fois mer et Mercantour.

Per lu caminaires, li possibilitats son numeroï : dei ribas dau Palhon au som dau mont Ferion, la comuna compta esquasi 1100 mètres de desnivelat. Jónher li roinas de Ròca-Sparviera (situada sus la comuna de Duranús) regala una cambada de 4 a 5 oras en de païsatges meravilhós ; otrepassar la Baissa de la Crotz permete de religar Coarasa au vilatge vesin de Berra (Berra-dei-Aups) ; puar en Ferion mena au corme de la comuna (1412m) dont la vista panoràmica baia a l’encòup mar e Mercantor.

Le Village

Village perché, Coaraze est bâti sur un rocher. Dès son édification, les habitants qui se sont succédés, ont dû faire preuve d’ingéniosité et d’inventivité pour occuper au mieux cet espace. Les rues sont étroites et suivent le tracé des chemins qui conduisaient humains et troupeaux au sommet de la colline.

Les maisons, bâties perpendiculairement à la pente, sont souvent directement taillées dans la roche et, afin d’agrandir les surfaces habitables tout en n’étendant pas la superficie du village, il était utile de construire au-dessus des rues.

C’est ce qui a donné naissance aux passages couverts, les pontis, nombreux dans le village. Les destructions causées par les séismes, des nécessité d’agrandissements, des changements de fonction, des partages suite à héritage ont entrainés des remaniements successifs visibles aujourd’hui sur les façades, au point que l’état originel devient illisible.

Les Cadrans solaires aux signatures prestigieuses


Une idée devenue réalité…

A la fin des années 1950, Paul Mari d’Antoine, alors maire de Coaraze, se passionne pour les cadrans solaires. Son village étant le plus ensoleillé de France, il a l’idée de célébrer le soleil avec des cadrans solaires. Ami de Jean Cocteau et du céramiste de Vallauris, Gilbert Valentin, ils décident de réaliser 12 cadrans solaires qui seraient autant d’œuvres d’art. Cocteau accepte d’en définir le style et la taille monumentale de 1,80 m de haut et 1,20 m de large.

En avril 1961, les six premiers cadrans sont installés Place du Portal sur la façade de la mairie et Place Félix-Giordan près de l’église Saint-Jean-Baptiste.

“Les Lézards” de Jean Cocteau (poète, écrivain et dessinateur), avec les lézards en fer forgé, fruit du travail de G. et F. Thevenin-Sidotti, incrustés sur une céramique jaune orangé.

“Les Tournesols” de Gilbert Valentin (céramiste)

“La Chevauchée du temps” de Mona Christie (artiste peintre) avec un cheval blanc sur fond d’azur

“Les Animaux fabuleux » de Georges Doukine (peintre et décorateur de théâtre), avec buffles et léopards

“Blue Time” d’Angel Ponce de Leon

“Le Piton et sa couronne vert et or” de Georges Gœtz, qui évoque le double aspect solaire du  paysage coarazien.

En 2007 puis en 2008, sur l’initiative de la Mairie et de la Maison du Tourisme, la collection s’agrandit sur le mur de l’Ecole communale, Place Félix-Giordan près de l’église Saint-Jean-Baptiste, Place du Portal sur la façade de la mairie et au Portal Savel et sur le mur de l’Ecole communale. Ces cinq derniers cadrans ont été réalisés à Vallauris par le céramiste Michel Ribéro.

“La Vie d’un artiste méditerranéen” de Patrick Moya

“Vénus” de Sacha Sosno, complété par un stylet confectionné par l’atelier Faire et des Fers de Coaraze

Lo temps passa, passa-lo ben” de Ben

“Le Village de Coaraze” de Fabienne Barre (photographe)

“L’Emblème de Coaraze” d’Henri Maccheroni (artiste plasticien)

D’autres cadrans solaires sont visibles dans le village ou aux alentours, comme à la Chapelle Bleue et aux gîtes de l’Euzière, ou celui de particuliers, route du Soleil et route du Col-Saint-Roch.

“On ne voit bien qu’avec le cœur” de Frédéric Debeaune

« De gnomonicae orbitis per fastorum, Révolutiones anno CCIV reipublicae » (Sur l’orbite du cadran solaire à travers les mouvements circulaires des jours fastes de l’an 204 de la République) de Artissime (1996) calculé par Yves Oppizzo, dont le tracé a été établi suivant les règles du calendrier républicain : la journée est divisée en 10 heures de 144 mn. Les courbes des signes du zodiaque coïncident approximativement avec celles des débuts de mois.

Outre les cadrans solaires, il faut noter la sculpture d’Alain Derez et les feuillets en terre cuite du poème “L’Enfant du Paillon” d’Alan Pelhon sur la Place Félix Giordan.

L’Homme et le Temps

Depuis l’époque la plus lointaine, l’homme est fasciné par le déroulement du temps. Il y a des milliers d’années qu’on a remarqué que l’ombre d’un style vertical – le gnomon – était la plus courte au solstice d’été, puis on a vérifié exactement le milieu de la journée – le midi – et l’on a alors tracé des méridiennes. Cette technique est devenue une science : la gnomonique.

Pendant des siècles, chaque monument, d’abord églises et châteaux, puis habitations privées, fut orné d’un cadran qui indiquait les heures et les saisons. De nos jours, avec les horloges à piles, puis à quartz et maintenant atomiques, la gnomonique est surtout réservée aux artistes qui, à partir de données rigoureuses, laissent leur imagination créer de véritables œuvres tant picturales que gravées, avec très souvent des symboles liés à la fuite inexorable du temps.

L’Église St Jean-Baptiste

Classée Monument historique depuis 2019, l’église St Jean-Baptiste a été édifiée au début XIVe siècle. Elle a subi depuis de nombreux remaniements, notamment suite au tremblement de terre de 1618.

Telle qu’elle se présente aujourd’hui, c’est un édifice surélevé par rapport à au bâtiment d’origine ; une église unique voûtée en berceau sans transept ni collatéraux, mais à chapelles latérales. Le chœur rehaussé d’environ un mètre, est à chevet plat orienté.

L’entrée principale se trouve comme il se doit sur la façade ouest. L’arc du portail est en plein cintre et simplement souligné d‘une moulure en quart de rond. Le tympan est nu, le linteau porte simplement le chrisme et une date, 1527.

La façade, à pignon, est percée d’un œil de bœuf, qui semble contemporain du portail, et de trois fenêtres d’un style plus fruste. Le clocher est carré, il est percé à son dernier niveau de quatre baies.

L’intérieur est d’une belle luxuriance baroque qui contraste violemment avec l’extrême sobriété de l’extérieur. Ces stucs, peintures, trompe-l’œil et faux-marbres, réalisés aux XVIIIe et XIXe siècles (et récemment restaurés) sont un style de décors que l’on  retrouve de façon récurrente dans les églises du comté de Nice et du Piémont.

La Chapelle Saint-Sébastien

Classée Monument historique depuis 2001, la Chapelle Saint-Sébastien est située au sud du village sur la route d’accès à Coaraze par Châteauneuf-Villevieille, qui est aussi l’un des chemins, secondaires, de l’ancienne route du sel qui reliait Nice au Piémont. Par ces routes, outre les marchandises, a voyagé au XVIe siècle la peste noire.

Pour se protéger des épidémies, les Coaraziens ont bâti en 1530 une chapelle dédiée à Saint-Sébastien, censé être avec Saint-Roch – présent au nord (col Saint-Roch) – efficace contre la peste.

L’intérieur de la chapelle est remarquable à deux titres : par sa voute en berceau brisé d’une part et, surtout, par les exceptionnelles fresques du XVIe siècles qui y sont conservées, comme dans nombre d’églises et de chapelles du Comté de Nice et du Piémont.

Ces fresques relatent la vie et le martyr de Saint-Sébastien, mais par une iconographie assez peu religieuse. La peinture du plafond de la chapelle est également atypique et reste en partie énigmatique.

La Place du Veloplat

Au cœur du village, la place du Veloplat fut longtemps la seule place publique de Coaraze. Comme son nom l’indique – autrefois désignée plaça del Plan, elle est bâtie sur un replat naturel auquel on accède en montant – vers lo plan.

Cet espace revêtait dans la société rurale une importance que son exigüité ne permet plus de supposer au premier abord. C’était au Moyen-âge le lieu de réunion du parlement communal lo Parlament constitué de tous les chefs de famille, qui débattait des affaires de la communauté et y élisait le conseil communal – lo séndegues.

La Place du Château

Sur le château de Coaraze lui-même, nous avons très peu de renseignements : aucun vestige, aucune archive, ne permettent de savoir à quoi il ressemblait. Il fut sans doute bâti au XIVe siècle par la famille Marquesan, feudataire de Coaraze à l’époque.

Le château a été signalé en ruine dès 1740, il sera ensuite rasé au début du XIXe siècle et  l’actuelle place est aménagée sur son emplacement, prélude à la construction du mur lo barri d’en castel, permettant la création de la place de la Terrasse, aujourd’hui Félix Giordan, au milieu du XIXe siècle.

Sur le mur ouest séparant la place du château du cimetière, se trouve le monument aux Morts, initialement placé sur la façade de l’église. La lecture des noms des hommes morts ou disparus pendant la « Grande guerre » permet de mesurer le prix payé par la France rurale lors de cette première guerre mondiale.

Vers le Sud, la vue ouvre vers l’espace littoral méditerranéen : la vallée du Paillon descendant vers Nice, les ruines de Châteauneuf et le mont Macaron.

La vue Nord se tourne vers l’espace alpin : la cime de Rocca Serra à 1504 m qui domine le site de Roccasparvièra, le col Saint-Roch ( 990 m), passage vers Turini, l’Authion et le massif du Mercantour.

La Chapelle Bleue

Située sur l’ancienne route qui conduisait de Coaraze à Roccasparvièra, cette chapelle est dédiée à la Vierge sous le vocable originel de Notre-Dame-des-Sept-douleurs. Elle était plus communément appelée Notre-Dame-du-Greissier,  du nom du lieu où les Coaraziens faisaient sécher les figues, élément important de leur alimentation hivernale avec les châtaignes et les fèves.

Elle est dotée, fait assez rare dans la région, d’un porche ouvert sur trois côtés par des arcs plein cintres et voûté d’arêtes. L’intérieur est également voûté en berceau.

Tous les murs intérieurs sont ornés de fresques contemporaines (1962) qui reprennent les thèmes illustrant la vie du Christ, de sa naissance à sa résurrection. Ces fresques, réalisées dans un camaïeu de bleus par le peintre Angel Ponce de Léon, ont donné son surnom à la « Chapelle bleue ».